16 octobre 2025
« L’AMM – Volet 2 n’est pas une option de soins de santé. » Tel était le message central livré par Bonnie Brayton, directrice générale de DAWN Canada, lors de la Conférence nationale Knowledge Hub organisée par l’Université Western. L’événement portait sur les innovations en matière de lutte contre la violence fondée sur le genre et sur la promotion de la santé informée par les traumatismes et la violence, réunissant des spécialistes et des défenseurs de partout au pays.
La présentation virtuelle de Brayton a mis en lumière la crise croissante à laquelle sont confrontées les femmes en situation de handicap au Canada. Elle a souligné que, bien que 30 % des femmes au pays vivent avec un handicap, elles subissent déjà les taux les plus élevés de violence fondée sur le genre et de pauvreté. L’élargissement de l’Aide médicale à mourir (AMM) sous le Volet 2, a-t-elle expliqué, aggrave cette vulnérabilité en proposant la mort plutôt que les soutiens nécessaires pour vivre en sécurité et dans la dignité.
En s’appuyant sur les conclusions du Comité d’examen des décès liés à l’AMM du coroner de l’Ontario, elle a souligné que les personnes recevant l’AMM – Volet 2, dont la mort naturelle n’est pas raisonnablement prévisible, proviennent de manière disproportionnée de groupes marginalisés, notamment des personnes confrontées à l’instabilité en matière de logement, à la privation matérielle et à des possibilités d’emploi limitées.
Elle a également expliqué que, depuis l’élargissement de l’AMM en 2021 pour inclure les personnes en situation de handicap dont la mort n’est pas imminente, l’impact sur les femmes à faible revenu est devenu de plus en plus préoccupant. En 2023, plus de 58 % des personnes recevant l’AMM – Volet 2 étaient des femmes, dont beaucoup vivaient depuis longtemps avec un handicap et une pauvreté enracinée.
La présentation a également mis en évidence le lien entre la pauvreté et les décisions liées à l’AMM, soulignant les preuves croissantes selon lesquelles les inégalités socioéconomiques influencent les décisions de vie ou de mort pour les femmes en situation de handicap.
Bonnie Brayton a conclu en appelant à des réformes politiques urgentes et intersectionnelles qui protègent la sécurité, la dignité et le droit de vivre — et non la pression de mourir.
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